Commerces de proximité : le Sénat propose une douzaine de mesures pour enrayer leur déclin
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Les commerces de proximité continuent de reculer dans les villes comme dans les villages français. Selon un rapport sénatorial publié en juin 2026, 62 % des communes ne comptent aujourd’hui plus aucun commerce, contre seulement 25 % en 1981. Face à ce constat, les rapporteurs de la mission d’information sur le déclin du commerce physique avancent une douzaine de mesures concrètes pour tenter d’inverser la tendance.

Un déclin mesuré depuis plus de quarante ans

Le rapport, porté par les sénateurs Patrick Chaize, Philippe Grosvalet et Marie-Lise Housseau, dresse un bilan chiffré préoccupant. Le taux de vacance commerciale est passé de 8,8 % en 2017 à 11,6 % en 2025, avec un pic à 16,8 % pour les centres commerciaux. Même les grandes métropoles ne sont pas épargnées : Marseille affiche 13 % de locaux vides, Lille 12 % et Montpellier 10 %. Le secteur du commerce reste pourtant un poids lourd de l’économie française, avec près de 3 millions d'emplois directement concernés.

Cette érosion touche en premier lieu les services de proximité du quotidien : boulangeries, épiceries, merceries ou encore agences postales, autrefois présents dans la quasi-totalité des bourgs. Nous avions déjà évoqué la situation critique du dernier magasin du village devenu un enjeu national, une réalité que ce nouveau rapport vient confirmer à l’échelle du pays tout entier.

Douze mesures pour enrayer la spirale

Les rapporteurs proposent un ensemble de leviers qui touchent à la fois la fiscalité, les relations bailleurs-commerçants et l’urbanisme commercial :

  • Une taxe européenne de 3 euros (portée à 5 euros dès novembre) sur les colis importés de moins de 150 euros en provenance de plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress ;
  • Des pouvoirs de contrôle renforcés pour retirer sous 48 heures les produits non conformes vendus en ligne ;
  • Une révision facilitée des baux commerciaux en cours de contrat, pour limiter les hausses de loyer excessives au renouvellement ;
  • La création d’observatoires locaux des loyers commerciaux, afin de mieux objectiver les négociations ;
  • Une taxation alourdie des locaux commerciaux sous-utilisés, avec un délai de vacance déclenchant la taxe sur les friches ramené de deux à un an ;
  • L’extension des horaires d’ouverture municipaux dans certaines zones, et un rôle plus actif confié aux maires en matière d’aménagement commercial.

Ces propositions s’ajoutent aux dispositifs déjà existants, comme le fonds de soutien au commerce rural, qui a permis depuis 2023 à environ 1 200 communes de bénéficier de la création ou de la reprise d’un commerce de proximité, pour plus d’un million d’habitants concernés.

Et dans les villages ruraux ?

Sur le terrain, plusieurs solutions concrètes émergent déjà pour maintenir un minimum de services de proximité là où le dernier commerce a fermé. Les camions-boutiques itinérants desservent désormais plusieurs communes voisines à tour de rôle, tandis que des épiceries multiservices cumulent vente alimentaire, point relais colis et parfois point numérique. La Poste elle-même a accéléré le mouvement en installant ses agences postales directement dans les mairies des petites communes, une mutualisation qui permet de conserver un guichet de proximité sans supporter seul le coût d’un local dédié.

Une étude de l’Institut Terram réalisée avec Bpifrance Le Lab, publiée en juillet 2026, va dans le même sens : elle qualifie les artisans et commerçants ruraux d’infrastructure sociale à part entière, au même titre qu’une école ou qu’un cabinet médical, tant leur présence conditionne le lien social et l’attractivité d’un territoire. Pour approfondir les enjeux économiques liés à ces territoires, notre rubrique Business – Entreprise et notre rubrique Finance – Economie suivent régulièrement ces évolutions.

Questions fréquentes

Qu’appelle-t-on un commerce de proximité ?

Il s’agit des commerces du quotidien implantés au cœur des villes et des villages : boulangerie, épicerie, boucherie, pharmacie ou bureau de poste. Ils se distinguent des grandes surfaces par leur accessibilité à pied et leur rôle de lien social local.

Pourquoi les commerces de proximité disparaissent-ils autant ?

Plusieurs facteurs se cumulent : la concurrence du e-commerce et des plateformes low-cost, la hausse des loyers commerciaux, le vieillissement des commerçants sans repreneur, et l’attractivité des zones périphériques au détriment des centres-bourgs.

Quelles solutions existent déjà pour les zones rurales ?

Le fonds de soutien au commerce rural finance la création ou la reprise de commerces multiservices, tandis que des solutions itinérantes comme les camions-boutiques ou la mutualisation avec les mairies permettent de maintenir un service minimal là où aucun commerce fixe n’est plus viable.

Sources

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